Que se passe-t-il lors d’une première séance d’hypnose ?
Une première séance d’hypnose ericksonienne dure 75 minutes et se déroule en deux temps : un entretien de 30 à 40 minutes pour cerner le motif de consultation, puis 25 à 30 minutes de travail hypnotique. Aucune perte de conscience, aucun contrôle exercé sur le patient. Le tarif au cabinet est de 90 euros en 2026, avec remboursement partiel possible par certaines mutuelles.
Avant de venir : les questions qu’on se pose
Le premier rendez-vous d’hypnose génère deux peurs récurrentes : être manipulé, ne pas se réveiller. Les deux sont infondées. L’hypnose ericksonienne — celle pratiquée en cabinet thérapeutique — n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Le patient garde sa volonté propre, refuse toute suggestion contraire à ses valeurs et peut interrompre la séance à tout moment.
Aucun « réveil brutal » n’est possible. L’état hypnotique est un état naturel, vécu plusieurs fois par jour sans s’en rendre compte (en lisant un livre absorbant, en conduisant sur une route familière, en regardant un feu de cheminée). Le praticien guide simplement vers cet état, plus profondément, dans un cadre clinique.
Ce qu’il faut apporter
Aucun document médical particulier n’est obligatoire. Si le motif de consultation est lié à une pathologie suivie (douleur chronique, anxiété traitée par un psychiatre, addiction sous traitement), apporter le nom des médicaments en cours simplifie l’évaluation. Pour le reste : tenue confortable, ponctualité, pas de café excessif dans l’heure précédente.
L’entretien initial (30 à 40 minutes)
L’entretien démarre toujours par une question ouverte : pourquoi êtes-vous venu, qu’est-ce qui vous a décidé maintenant, qu’avez-vous déjà essayé ? Cette phase n’est pas un interrogatoire. Le praticien cherche à comprendre la situation, à évaluer si l’hypnose est l’outil adapté et à identifier les ressources mobilisables chez le patient.
Trois axes sont systématiquement explorés :
| Axe | Questions typiques |
|---|---|
| Motif | Symptôme principal, durée, déclencheurs, contexte d’apparition |
| Antécédents | Tentatives passées (médicaments, thérapies, autres approches) |
| Objectif | Résultat espéré, échéance, critères de succès subjectifs |
L’entretien se conclut par une proposition concrète : nombre de séances estimé, axe de travail prioritaire, technique principale envisagée. Le patient peut accepter ou demander à réfléchir avant de continuer. Un refus motivé du praticien est aussi possible si l’indication ne relève pas de l’hypnothérapie.
Le travail hypnotique (25 à 30 minutes)
L’induction
L’induction hypnotique est la phase d’entrée dans l’état modifié. Elle dure 5 à 10 minutes selon les patients. Le praticien utilise une technique adaptée : focalisation sur un point fixe, descente progressive de l’attention vers les sensations corporelles, métaphore d’un escalier ou d’un chemin. Aucune montre n’oscille, aucun « regardez mes yeux » : ces images appartiennent au folklore hypnotique du XIXᵉ siècle.
Le patient sent généralement une lourdeur dans les membres, un ralentissement de la respiration, parfois une sensation de chaleur ou de flottement. Ces sensations sont normales et signalent que le système parasympathique prend le relais.
Le travail thérapeutique
Une fois l’état installé, le praticien travaille sur le motif identifié. Les techniques varient selon la problématique :
- Métaphores thérapeutiques — récit symbolique qui agit indirectement sur l’inconscient
- Suggestions directes — phrases courtes répétées qui installent un nouvel automatisme
- Réassociation — reconnecter une ressource passée à une situation présente
- Recadrage — modifier le sens donné à un événement ou un comportement
La voix du praticien reste calme, le rythme s’adapte à la respiration du patient. Le patient entend tout, peut bouger, peut ouvrir les yeux à tout moment. Il garde la mémoire complète de la séance — contrairement à une idée reçue, l’hypnose n’efface jamais le souvenir de ce qui s’est dit.
La sortie d’hypnose
Le retour à l’état de conscience ordinaire prend 1 à 2 minutes. Le praticien guide la remontée par étapes : reprise de la respiration habituelle, mouvements doux des doigts, ouverture des yeux. Aucune fatigue brutale n’est ressentie ; la plupart des patients décrivent au contraire une sensation de calme profond qui peut durer plusieurs heures.
Combien de séances en moyenne
Le nombre de séances dépend de la problématique, jamais de la sévérité ressentie. Voici une fourchette indicative basée sur la pratique 2024-2025 :
| Motif | Nombre moyen de séances | Article dédié |
|---|---|---|
| Arrêt du tabac | 2 à 4 | Hypnose et arrêt du tabac |
| Insomnie chronique | 4 à 6 | Insomnie et sommeil profond |
| Anxiété professionnelle | 3 à 5 | Anxiété au travail |
| Préparation mentale sportive | 6 à 8 | Hypnose et performance sportive |
| Phobie spécifique (avion, ascenseur) | 2 à 3 | — |
| Gestion de douleur chronique | 5 à 8 | — |
| Confiance en soi / image de soi | 4 à 6 | — |
Ces chiffres ne sont pas des engagements. Certains patients atteignent leur objectif en 2 séances ; d’autres ont besoin de 8 à 10 selon la complexité du contexte.
Tarifs 2026
| Type | Durée | Tarif |
|---|---|---|
| Première séance | 75 min | 90 € |
| Séance de suivi | 60 min | 80 € |
| Pack arrêt tabac (3 séances) | 3 × 60 min | 220 € |
| Pack insomnie (4 séances) | 4 × 60 min | 310 € |
| Préparation mentale (6 séances) | 6 × 60 min | 480 € |
Remboursement — la Sécurité sociale ne prend pas en charge l’hypnothérapie. En revanche, 6 mutuelles sur 10 prennent en charge tout ou partie au titre des médecines complémentaires (forfait moyen 30 à 60 € par séance, plafonné à 4 ou 6 séances par an). Vérifier la rubrique « hypnose » ou « médecines douces » du contrat.
Que se passe-t-il après la séance ?
Trois effets typiques sont décrits dans les 24 à 48 heures :
- Une fatigue passagère (le cerveau a beaucoup travaillé)
- Un sommeil de qualité particulière la nuit suivante
- Des prises de conscience inattendues sur le motif consulté
Ces effets sont normaux et signalent que le travail hypnotique a opéré. Le patient repart avec un audio personnalisé dans 70 % des cas, à pratiquer 8 à 12 minutes par jour entre les séances. Cette pratique régulière conditionne 60 % de l’efficacité globale du parcours — l’hypnothérapie n’est pas un soin passif.
Quand l’hypnose ne convient pas
Trois contre-indications principales :
- Psychoses actives (schizophrénie en phase aiguë, troubles dissociatifs sévères)
- Épilepsie non équilibrée (adaptation possible avec accord du neurologue)
- Patients sous contrainte sans motivation propre
Pour les autres situations, un entretien préalable suffit à évaluer la pertinence. En cas de doute, le praticien oriente vers un confrère ou un autre type d’accompagnement (psychothérapie, TCC, suivi psychiatrique). L’éthique du métier impose de refuser les indications non adaptées.
Prochaine étape : appeler le cabinet pour fixer la première consultation. Compter 7 à 14 jours d’attente selon la période.

